Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Le blog du RPF Nord Pas de Calais

Site de la Fédération RPF Nord Pas de Calais et des Fédérations 59 et 62

Bayrou, le bien éduqué...

Publié le 4 Février 2012 par rpf-nord

Publié le 4 février 2012  par  Jean-Marie Darmian

 

JF EN CADRE, promet tout ce qu’il n’a jamais fait !

L’un des principes de la politique moderne se résume de la manière suivante : « faites moi confiance, je vais faire dans l’avenir tout ce que je n’ai pas fait dans le passé, ou le contraire de ce que j’ai pu faire ! ». C’est surtout valable pour de nombreux élus UMP qui dénoncent en privé les mesures prises avec leur accord par des Ministres obéissant au doigt et à l’œil à leur mentor élyséen. Il paraît même que ce dernier va publier un livre (écrit de sa main ?) pour une confession publique similaire à celle que l’on a exigée à l’époque chinoise de la révolution culturelle. Il en est un qui n’a pas d’états d’âme, puisqu’il explique doctement ce qu’il prône pour le système éducatif en 2012 oubliant, mais c’est probablement un hasard, qu’il a eu l’opportunité de le mettre en œuvre mais qu’il ne l’a jamais même proposé…
En 1993, il fut en effet nommé ministre de l’Éducation nationale dans le gouvernement de cohabitation d’Édouard Balladur. Parmi ses propositions fortes, il initie une réforme de la loi Falloux, qui aurait déplafonné la possibilité, pour les collectivités locales, de subventionner les investissements des établissements d’enseignement privé. C’est sa « grande » réforme pour soutenir le système… public d’éducation
 que maintenant il veut sauver de ses petits bras musclés, alors qu’il a été l’ardent défenseur de la privatisation de l’école, selon les vœux les plus chers des forces les plus réactionnaires de droite ! C’est vrai qu’il a dû rebrousser chemin, à contre cœur, puisque le 24 janvier 1994, près d’un million de manifestants s’en prennent à ce projet, pour défendre l’école laïque. La méthode de François Bayrou fut alors vivement critiquée à droite comme à gauche car il a été accusé de vouloir « réformer à la hussarde ». Finalement, le Conseil Constitutionnel rejette le projet de François Bayrou… ce qu’il vient totalement d’oublier dans ses mirifiques propositions présidentielles. Il gomme ce pan entier de son idéologie qui avait au moins le mérite d’être plus direct, plus clair et moins obscur et détourné que celle mise en œuvre par ses successeurs !
Il continua dans le premier gouvernement d’Alain Juppé (il l’a toujours soutenu en Gironde en faisant en sorte que le Modem sauve des lambeaux de l’UMP !) avec un portefeuille élargi à l’enseignement supérieur, à la recherche et à la formation professionnelle. Il perd la responsabilité de la Formation professionnelle dans le deuxième gouvernement Juppé, mais reste à l’Éducation nationale jusqu’à la dissolution de 1997. Pourquoi n’a-t-il pas réalisé tout ce qu’il propose maintenant ? Dommage qu’un ministre ne découvre la vérité que quand il est en campagne électorale, et une fois éloigné du pouvoir !
Durant son ministère, François Bayrou dirige une réflexion approfondie sur la condition des professeurs et des élèves, qui n’a eu aucune suite concrète. Il conduit une réforme du collège, réforme les études supérieures (semestrialisation des études, semestre d’orientation en première année, création d’universités de professionnalisation technologique), met en place le baccalauréat actuel (filières S, ES, L, STT, STL et STI), introduit les langues vivantes à l’école primaire… sans les moyens pour les appliquer. Autant de « réformes » qui n’ont eu aucun impact réel sur un système, déjà miné par les coupes budgétaires !
François Bayrou, dans ce ministère, à côté de sa réforme avortée en faveur de l’enseignement privé, a surtout joué les « faux-culs bénis » avec sa méthode de réforme prudente et concertée avec les organisations syndicales, dont notamment celles proches actuellement du front de Gauche. Roger Fauroux disait que François Bayrou gouvernait « avec le sondoscope en bandoulière ». Et c’est encore plus vrai maintenant !
Il a en effet présenté ses propositions pour l’éducation, troisième priorité de sa campagne, se posant en défenseur des… enseignants contre la « démagogie » de ses concurrents.

 

 


Commenter cet article